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QG PERFCoach sportif et préparateur physique
Quentin Geisen

« Il faut souffrir pour atteindre ses objectifs. »

C'est ce que j'entendais autour de moi dans le basket, entre 16 et 18 ans. J'avais poussé jusqu'à un point où je ne pouvais plus marcher après les entraînements.

Trois ans en section sportive

On s'entraînait beaucoup, tous les jours, et à côté de ça on avait nos entraînements avec nos clubs respectifs. Ça représentait 4 à 5 entraînements individuels et collectifs d'une heure à 1 h 30 avec la section sportive, plus 2 à 3 entraînements collectifs d'1 h 30 en club, et on finissait la semaine avec 1 à 2 matchs par week-end. Autant dire qu'il faut un corps bien préparé pour supporter une telle charge d'entraînement, et une bonne capacité de récupération. C'est justement là que je n'étais pas assez renseigné.

Je ne faisais pas de renforcement, pas de travail articulaire, rien de spécifique pour ma récupération. Je n'étais pas assez sensibilisé à l'importance du sommeil, de l'hydratation et de l'alimentation.

Tout ce contexte m'a amené à emmagasiner beaucoup de fatigue, jusqu'à un point de non-retour, durant ces 3 années. Des blessures à répétition ont commencé petit à petit à s'installer. Au début, des gênes au tibia, au talon. Je continuais à m'entraîner normalement, donc ce n'étaient plus des gênes mais des douleurs. Alors j'arrêtais totalement de m'entraîner pendant une période, puis je revenais, et ça recommençait, plus vite et plus fort que la fois précédente.

Ça ne pesait pas uniquement sur le physique. Au fur et à mesure, c'est le joueur qui était impacté, mais aussi la personne. À force de louper des entraînements et des matchs, on commence à perdre confiance en soi, dans son jeu, mais aussi dans le quotidien. Rien n'avait changé, mais ces écarts du terrain m'impactaient vraiment beaucoup.

C'était la période de mes premiers entraînements avec l'équipe première senior de mon club. J'avais l'impression que si je ne continuais pas à m'entraîner avec eux, je louperais mon occasion et que je n'en aurais plus par la suite. Mais il y a une différence entre travailler dur intelligemment et se forcer à être présent sans progresser, parce qu'on ne peut pas jouer à fond.

Ce que j'ai compris en STAPS

Jusque-là, pour moi, le seul moyen de ne plus avoir mal quand on est blessé, c'était de faire des soins, du repos et quelques petits exercices de renforcement avec le kiné. En découvrant la préparation physique, j'ai compris que ce n'était pas suffisant, et que c'était surtout une stratégie de réaction. Il fallait plutôt une stratégie d'anticipation, c'est-à-dire mettre des choses en place avant même d'avoir des douleurs, avant même de ressentir une gêne.

Et j'ai compris que si, malgré tout, on se blesse au-delà de notre contrôle, par un mauvais choc ou une chute, le repos complet n'est pas la solution. Il faut rééduquer, renforcer, maintenir ce qui peut être maintenu.

La SIG Strasbourg

J'y ai passé trois saisons comme préparateur physique au centre de formation. La SIG, ça a été la découverte de l'exigence du haut niveau. Une approche qui, selon moi, n'est pas propre au haut niveau, car elle reste la même pour un débutant ou un professionnel. C'est ce qu'on va mettre en place qui va différencier, pour répondre aux besoins de la personne. La SIG m'a également appris à avoir encore plus de rigueur que je n'en avais déjà.

Ma fracture en 2025

En mars 2025, je me suis fracturé le pied en pleine saison. C'est un événement marquant, et ça a été pour moi l'occasion de remettre en place une rééducation complète en autonomie. La première depuis mes anciennes blessures, à l'époque où je n'avais pas les connaissances pour comprendre comment construire un retour optimal vers le terrain.

J'ai donc tout pris en main, avant même le diagnostic. J'ai écouté mes symptômes et adapté le travail dès le soir même de la blessure, avec de l'isométrie à très faible intensité. Avec le diagnostic, le plan est resté quasiment le même. Ce qui change, ce sont les délais : le diagnostic donne une information sur les temps de cicatrisation nécessaires, et donc sur les timings de travail.

J'ai poursuivi ma rééducation avec de l'isométrie dans toutes les amplitudes, de l'excentrique lent, la reprise de la marche non déchargée, du renforcement du bas du corps en chaîne ouverte dans un premier temps, puis en chaîne fermée, de la force, de la pliométrie délestée, puis normale, puis sur un pied. Pour le cardio, le haut du corps et le vélo dans un premier temps, puis la reprise de la course lente, rapide, puis les changements de direction, accélérations, décélérations, sprints, et le basket sans opposition, en jeu réduit, puis complet. Au bout de six semaines, j'étais apte à faire de l'opposition en 5 contre 5, sans restriction.

Le passage à l'endurance

Pendant cette rééducation, j'ai découvert la course, le vélo et la natation. En venant d'un sport à dominante d'explosivité et de puissance, j'avais tendance à aller trop vite et trop longtemps sur mes premiers dossards. Je dépassais complètement mes capacités physiques, jusqu'à avoir des crampes qui laissent des séquelles. J'ai appris de tout cela et j'ai compris les mécanismes.

Pourquoi je fais ce métier

Je souhaite accompagner tous les sportifs ambitieux qui veulent pratiquer leur sport sans douleur, performer sans restriction, comprendre leur corps et leurs besoins. Aider les sportifs à mettre en place les bonnes choses, au bon moment, pour leur éviter toutes les erreurs que j'ai pu faire personnellement, car je n'avais pas la solution, je n'avais pas les outils et les connaissances.